Emmanuel Macron a présidé ce mercredi midi l'hommage national à Robert Badinter, décédé dans la nuit du 8 au 9 février, sur la place Vendôme, siège du ministère de la Justice où l'ancien garde des Sceaux avait porté l'abolition de la peine de mort. Le chef de l'État a souhaité, à la fin de son discours, l'entrée du "nom" de Robert Badinter au Panthéon, sans en préciser la manière.
Le public, invité à la cérémonie, a applaudi l'arrivée du cercueil sur la place Vendôme, et l'annonce du souhait par Emmanuel Macron de l'entrée de l'ancien garde des Sceaux au Panthéon.
A la fin de son discours, Emmanuel Macron a dit souhaiter l'entrée de Robert Badinter au Panthéon : "Votre nom devra s'inscrire au Panthéon", a-t-il déclaré, "aux côtés de ceux qui ont tant fait pour le progrès humain et pour la France", sans en préciser la manière. L'annonce a été saluée par les applaudissements du public.
Après l'arrivée du public, des invités et d'Emmanuel Macron, le cercueil de Robert Badinter a pénétré au cœur de la place Vendôme, depuis une des portes du ministère de la Justice. La foule a applaudi pour saluer l'arrivée de la dépouille de l'ancien garde des Sceaux.
Au son de la 7e symphonie de de Beethoven dirigée par Leonard Bernstein, des images ayant marqué la vie de Robert Badinter ont ensuite défilé sur écran géant. Un film très applaudi par les invités et par le public. Avant de s'avancer vers l'Estrade, Emmanuel Macron a échangé quelques mots avec Elisabeth Badinter, très émue.
Emmanuel Macron a ensuite pris la parole pour prononcer l'éloge funèbre de l'ancien garde des Sceaux. Il a salué le "combattant de l'abolition de la peine de mort". "Il sera l'avocat pour toujours de cette cause, l'abolition", a déclaré le chef de l'Etat, saluant "une force qui vit et arrache la vie aux mains de la mort".
Emmanuel Macron a aussi salué les combats de Robert Badinter pour les droits des homosexuels, la lutte contre l'antisémitisme, mais aussi pour les libertés des Français et les droits des détenus. Robert Badinter, c'est "la République faite homme, la vie contre la mort", a déclaré Emmanuel Macron.
"Vous nous quittez au moment où vos vieux adversaires, l'oubli et la haine, semblent comme s'avancer à nouveau", a poursuivi Emmanuel Macron, avant de souhaiter l'entrée au Panthéon du nom de Robert Badinter. "Où vos idéaux, nos idéaux semblent menacés", a poursuivi le chef de l'État. "Je fais le serment d'être fidèle à votre enseignement et votre engagement. Fidèle. Et vous pourrez écouter nos voix couvrir celles des antisémites, des négationnistes, comme votre voix couvrait la leur. [...] Fidèle pour que vous puissiez écouter un jour, quand le parlement du dernier Parlement du dernier pays pratiquant la peine de mort, dira : elle est abolie, mettant le point final à notre combat désormais universel", a-t-il ajouté. A la fin de son discours, le chef de l'Etat s'est recueilli devant le cercueil de Robert Badinter. Il s'est ensuite entretenu avec sa famille, avant l'inhumation au cimetière de Bagneux ce mercredi après-midi.